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#rightbasedapproach

Retour sur le Séminaire "Approche droits humains"

Une occasion de tisser des liens et de repenser les pratiques

FIAN Belgique et FIAN International participaient ce vendredi 3 décembre au Séminaire "Approche Droits Humains" à travers deux sessions participatives organisées sur les thématiques des "mouvements sociaux" et de la "décolonisation des droits humains". Adressées principalement aux acteurs du monde des ONG belges, les discussions ont été intenses et ont permis d’aborder de nombreuses thématiques de fond. Même si pour de nombreuses personnes, il s’agissait d’une découverte, l’approche par les droits humains relève aujourd’hui plus en plus du sens commun.

En session plénière, le matin, la session sur "l’approche droits dans la coopération internationale : le défi des contextes fragiles" a permis de partager des expériences en provenance du terrain, notamment avec les témoignages de Passy Mubalama de AIDPROFEN en République Démocratique du Congo et de Saliou Diallo, secrétaire Général de la Fédération Syndicale Professionnelle des Mines, Carrières, Industries Chimiques et Assimilées (FSPMCICA) en Guinée

L’après-midi, FIAN animait une session parallèle sur la participation effective des mouvements sociaux avant de conclure en plénière avec une session intitulée " Vers une approche décoloniale des droits humains".

Comment garantir une participation effective des mouvements sociaux dans le plaidoyer pour la défense des droits au niveau local et global ?

Cette session a permis à l’audience d’assister à de beaux témoignages en provenance de Tunisie, des Philippines, de Côte d’Ivoire et de France.

Alaa Talbi de FTDES, partenaire du CNCD en Tunisie a notamment abordé la structuration des mouvements sociaux et les difficultés liées à la recherche d’un consensus politique. Cette particularité des mouvements sociaux attachés à leurs propres enjeux qu’il nomme la "bataille du modèle économique".

Geneviève Savigny, paysanne française, membre de ECVC - European Coordination Via Campesina (France) a souligné le temps d’adaptation et les partenariats nécessaires à un plaidoyer efficace auprès des institutions internationales.

Tandis que Kat Berza, Council for Health and Development (Philippines), partenaire de Viva Salud, a témoigné des effets de la privatisation des institutions publiques dans son pays qui vont à l’encontre des droits humains, aujourd’hui lié à la condition économique.

Ces interventions étaient complétées par les témoignages préenregistrés de Amina Zair, présidente de l’AFAQ, une association marocaine partenaire de SOLSOC et de Sinan Ouattara, représentant les communautés affectées par les exploitations de l’entreprise belge SIAT en Côte d’Ivoire (voir introduction vidéo au cas SIAT)

Une discussion animée a ensuite permis d’identifier des pistes de travail pour une approche droits réellement participative avec les mouvements sociaux engagés dans la défense des droits humains.


Retrouvez le compte rendu complet de l’atelier "Comment garantir une participation effective des mouvements sociaux dans le plaidoyer pour la défense des droits au niveau local et global ?" sur le site du séminaire "approche droits humains"


Vers une approche décoloniale des droits humains

Lors de son intervention, Sofia Monsalve, Secrétaire générale de FIAN International, a proposé de refonder les droits humains pour en faire une pierre angulaire d’une gouvernance démocratique émancipatrice. Elle propose pour cela trois pistes :

  1. Reconnecter les droits humains avec la Nature et nourrir le cadre des droits humains avec d’autres cosmovisions non occidentalo-centrée (notamment en prenant exemple sur les liens que les peuples autochtones et les communautés paysannes entretiennent avec la terre et les ressources naturelles qui les entourent).
  2. Réinventer les droits humains pour en faire un véritable outil de lutte contre les impacts destructeurs du capitalisme financier.
  3. Renforcer l’application et la justiciabilité des droits humains pour tenir responsables les gouvernements et les entreprises qui violent les droits humains.

Kumi Naidoo a poursuivi avec un discours inspirant sur l’importance de mettre fin à l’impérialisme occidental. En tant que Sud-Africain, il a témoigné à quel point la crise sanitaire actuelle était encore empreinte de néocolonialisme. L’Europe ferme ses frontière aux Sud-Africains pour se protéger du nouveau variant omicron, mais refuse toujours dans le même temps de lever les brevets sur les vaccins Covid.

Dans ses propositions inspirantes il appelle notamment à : mieux écouter et soutenir les luttes des mouvements sociaux de la base, changer de paradigme sociétal et lutter contre l’opulence occidentale, et adopter une approche intersectionnelle. Dans un message positif aux ONG occidentales il appelle aussi à être créatif dans la lutte et ne pas oublier de partager du bon temps et de la joie.


Retrouvez le compte rendu de la session de clôture du Séminaire "Vers une approche décoloniale des droits humains" sur le site du séminaire


Témoignages

Tunisie

Alaa Talbi de FTDES, partenaire du CNCD en Tunisie.

Philippines

Kat Berza de CHD, partenaire de Viva Salud aux Philippines.

France

Geneviève Savigny, paysanne française, membre d’ECVC et du Conseil européen.

République Démocratique du Congo

Passy Mubalama de AIDPROFEN en République Démocratique du Congo

Guinée

Saliou Diallo, secrétaire Général de la Fédération Syndicale Professionnelle des Mines, Carrières, Industries Chimiques et Assimilées (FSPMCICA)