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30. April 2020

L’impact nocif du secteur de l’huile de palme une fois de plus dévoilé, dans une investigation sur des investissements - soit disant - “éthiques”

Ce mercredi 29 avril 2020, la RTBF a dévoilé la face cachée du groupe d’huile de palme SOCFIN, alors que cette entreprise bénéficie de financement bancaires dits “socialement responsables”. Ce n’est pourtant pas la première fois que cette société est pointée du doigt. Cette nouvelle investigation indépendante confirme les dénonciations de centaines de milliers de citoyen.ne.s africain.e.s et asiatiques affecté.e.s. Celles-ci sont relayées par des ONG nationales et internationales depuis des années, malgré des intimidations et poursuites-bâillons, et dans l’indifférence accablante du secteur bancaire. Plusieurs ONG belges lancent un appel aux citoyens pour interpeller leur banque.

Salaires en-dessous du minimum légal, pollution de cours d’eau, travail d’enfants dans les plantations. Voici quelques-unes des révélations, incriminant le groupe SOCFIN, divulguées dans la première édition de l’émission #Investigation « Sur les routes cachées de notre argent : quand nos banques investissent dans le sale, le toxique et le guerrier ». Un travailleur de plantation d’huile de palme témoigne: “Ils traitent les gens comme des animaux ... Ils veulent ramener l’esclavage.” Élément d’autant plus choquant est que cette société figure dans un fonds (Value Square Fund Equity World) qui est vendu comme ”investissement socialement responsable” (ISR) auprès de la banque Belfius. Le fonds en question a même reçu un label “vert”, auto-octroyé par le secteur financier. Si, suite aux découvertes de la RTBF, Belfius a retiré le fonds en question de sa gamme, plusieurs ONG belges dénoncent cette action plus que tardive. Elles dénoncent aussi le manque de rigueurde la majorité des banques dans la composition de fonds qui sont vendus comme durables.

Déjà en 2013, les 10 principales banques en Belgique ont étés interpellées afin qu’elles excluent les investissements toxiques dans des multinationales impliquées dans des accaparements de terres, telles que SOCFIN. Alors qu’on peut imaginer un manque de précaution dans le chef de Belfius, on ne peut pas en dire autant d’ING, partenaire financier belge privilégié de SOCFIN. Malgré une longue liste de rapports incriminants, un dialogue intensif avec la banque, des campagnes d’information et de dénonciation (STOP Greenwash-ING), la banque néerlandaise continue de financer l’entreprise. En réponse, elle décide même de lui octroyer un nouveau “prêt durable” en 2017! Cela rend ING consciemment complice d’abus de droits humains et d’accaparement de terres.

Face à cette obstination, une plainte auprès de l’OCDE est déposée contre ING dans son pays d’origine en 2019, et jugée recevable début 2020. « De plus en plus de banques lancent des campagnes publicitaires sur l’importance des investissements socialement responsables. Malheureusement on remarque que la réalité ne suit pas toujours les beaux discours. L’expérience a une fois de plus démontré que seule une régulation publique du secteur peut répondre à cet enjeu sociétal » explique Sébastien Mortier de FairFin.

« Combien de preuves devront encore être apportées pour que ING réagisse? Il y a quelques semaines la liste s’allongeait encore, car un rapport du gouvernement Sierra Léonais, cette fois, confirmait les dires des communautés affectées par SOCFIN: des contrats de location de terres illégaux, des paiements de compensations trop bas ou détournés, des pratiques de corruption et des conditions de travail inadéquates. Business as usual n’est plus une option aujourd’hui » souligne Florence Kroff de FIAN Belgium.

Les deux actionnaires majoritaires de SOCFIN, le Français Vincent Bolloré et le Belge Hubert Fabri, mènent depuis des années une stratégie agressive pour protéger leur business. Ces deux familles puissantes empochent chaque année environ 30 millions d’euros sous forme de dividendes et rémunérations. Elles attaquent régulièrement toute ONG ou journaliste dévoilant leurs pratiques. En décembre 2019, 4 ONG belges et luxembourgeoises et 7 de leurs employé.e.s ont été appelé.e.s à comparaître devant un juge d’instruction au Luxembourg suite à une plainte en diffamation initiée par SOCFIN.

« Les révélations de la RTBF viennent à nouveau confirmer le sérieux de notre travail et l’importance de continuer à dénoncer les abus commis par les plus puissants. Nous ne nous tairons pas malgré ces attaques judiciaires abusives et continuerons à relayer la voix des groupes marginalisés » conclut Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, visé aussi personnellement par la plainte de SOCFIN.

Le CNCD-11.11.11, FIAN Belgium, Financité, Entraide et Fraternité, AEFJN et FairFin lancent un appel auprès des citoyen.ne.s à interpeller la banque en deux clics via www.greenwash-ing.be et Scan des banques.

Signataires :

CNCD-11.11.11
FIAN Belgium
Financité
Entraide et Fraternité
AEFJN
FairFin

Contact presse :
[FR] Florence Kroff – FIAN Belgium : +32 475 84 56 24
[FR] Arnaud Zacharie – CNCD-11.11.11 : +32 495 92 35 58
[NL] Sébastien Mortier – FairFin : +32 479 31 72 76

📺 Revoir #Investigation « Sur les routes cachées de notre argent » sur Auvio : https://www.rtbf.be/auvio/detail_investigation?id=2629669&jwsource=cl
📣 Lire l’article qui synthétise les révélations
Agir : http://greenwash-ing.be/

Quelques extraits du reportage
— > Version SOCFIN vs. Version RTBF :

👁 POLLUTION :

SOCFIN : Aucun produit chimique n’est utilisé. Et les eaux usées de l’usine sont traités directement dans des bassins de lagunages. La société se revendique durable et responsable.

RTBF : analyse d’eaux rejetées par l’usine et s’écoulant directement dans la rivière par Hainaut Analyses : « l’échantillon est caractérisé par une très forte charge polluante. (…). Il est bien certain qu’en aval de ce genre de rejet, il n’y aura plus de vie ».

👁 TRAVAIL DE MINEURS :

SOCFIN : « Non, Socapalm n’emploie pas de mineurs. Socapalm n’emploie pas de mineurs. Ses sous-traitants non plus ! »

RTBF : Interview d’un jeune ouvrier travaillant à pulvériser un pesticide sans protection aux pieds des palmiers : « J’ai 16 ans ». Cet enfant travaille pour un sous-traitant de SOCFIN.

👁 SALAIRES INDÉCENTS

SOCFIN : « Il faut dire que les salaires de Socapalm sont largement au dessus du taux légal. (…) On va chercher à plus du double du SMIG national. (…) plus de 70.000 francs [106€] »

RTBF : Interview d’un saisonnier dans la plantation : « Quand j’élague un palmier comme ça, c’est 40 francs CFA. Pour avoir 2000 FCFA, il en faut 50. Quelqu’un comme moi, il me faut au moins 3 jours. (…) », c’est-à-dire 1€ par jour !
Entre 15 et 30€ par mois. C’est 2 à 3 fois moins que le salaire minimum garanti au Cameroun.