21 janvier 2020

Davos : FIAN dénonce la prise de pouvoir globale des multinationales

La réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) qui se déroule cette semaine à Davos est l’illustration parfaite de l’influence toujours plus grande que le monde des affaires exerce sur les politiques publiques et nos choix de société. Cette mainmise des entreprises (appelée corporate capture en anglais) est largement documentée dans la nouvelle revue de FIAN Belgium à paraître ce jour.

A travers des exemples concrets, en Belgique et à l’international, cette nouvelle publication intitulée « La prise de pouvoir des multinationales : comment contrer la mainmise des entreprises sur les espaces démocratiques », décrit la collusion des intérêts entre le monde des affaires et la sphère politique. Ces formes d’influence sont multiples : du lobbying exercé sur nos décideurs aux systèmes de faveurs ou pantouflage (revolving doors en anglais) qui assurent des aller-retours fréquents entre le monde politique et le monde des affaires en passant par le recours à un discours exagérément technique qui a pour effet de confisquer de facto les enjeux du débat démocratique…

La mainmise des entreprises ne se fait pas uniquement derrière les rideaux, mais de plus en plus d’entreprises cherchent à étendre leur sphère d’influence au sein de la société et des espaces de gouvernance institutionnalisés. La revue compile des études de cas fouillées, comme l’initiative multi-parties prenantes The Shift ou la campagne Sign for my future, et vient épingler des exemples de partenariats publics-privés dans le secteur de la recherche ou de la coopération belge au développement.

Cette prise de contrôle des entreprises n’est pas récente mais se voit renforcée avec notamment un accord de partenariat stratégique entre le FEM et l’ONU qui sera dénoncé cette semaine par plus de 400 organisations de la société civile et 40 réseaux internationaux. Signé en juin 2019, l’accord promet “d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable” en approfondissant la coordination et la collaboration institutionnelles entre l’ONU et le FEM. La société civile a condamné cet accord qui reconnaît aux sociétés transnationales un accès préférentiel et différé au système de l’ONU aux dépens des États et des acteurs d’intérêt public.

FIAN Belgium souhaite ouvrir le débat aussi en Belgique sur cette prise de pouvoir des entreprises et les nombreux risques que cela implique pour la planète et les droits humains. Il devient urgent d’adopter des mécanismes efficaces qui préviennent les conflits d’intérêts, soutiennent le rôle des citoyen·ne·s qui sont les véritables détent·eur·rice·s des droits humains, et trouver de nouvelles façons d’accroître la responsabilité démocratique au sein du système de gouvernance internationale.

Notes
La lettre complète et les signatures se trouvent ici

Contacts presse  
FR : Astrid Bouchedor – astrid@fian.be - 0485 11 15 96
NL : Hanne Flachet – hanne@fian.be – 0484 96 04 30